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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 18:37
Exploration artistique locale

Villeneuve les Maguelone fait parti de mes lieux préférés dans la région. Son nom résonne avec sa plage, parmi les plus sauvages, entre mer et étangs. La faune d'oiseaux nous y accompagnent. Ils ont élu domicile, hiver comme été, dans ce site protégé. Des poissons argentés bondissent hors de l'eau pour rompre le silence. La cathédrale se dresse, donnant de l'altitude à la quiétude du paysage.

Ce matin, je n'ai pas pris le chemin habituel. J'avais un rendez vous à 10h précises pour suivre

un parcours dans les ruelles du village. Nous étions un petit groupe de curieux, d'habitants, d'amis et de personnes engagées dans la construction du projet.

Patrice Barthès, danseur chorégraphe de la région, est à l'initiative de cette promenade artistique urbaine, en partenariat avec « L' Atelline » qui l'accompagne.

Chaque acteur nous présentent en introduction son plaisir de participer à « habiller » l'espace public.

Nous voilà donc partis pour 30 mn de parcours insolite, MP3 et casque auditif, tout pavillon ouvert. Dés les premier pas, la musique de Christophe Heral, nous met tous nos sens en éveil. Nous partons en voyage entre clarinette et percussions. Notre guide audio nous pose un accent sur un détail architectural, un point historique, un regard sur le ciel et les oiseaux, premiers à investir le « Territoire en mouvements ».

Nous nous retrouvons très vite dans un pas rythmé au son de la musique. Nous sommes accompagnés dans cette aventure immersive par les douces voix de Christophe et de Maud. Patrice est notre narrateur.

Nous pénétrons dans une écoute intérieure pleine, qui nous ouvre l'esprit, tournés vers le dehors. Ce dedans se remplit de sons, de sensations sur la peau. Nos pupilles sont écarquillées devant des chemins que nous croyons connaître. Puis nous sommes à attentifs au chien qui nous regarde de son balcon, souriants vis à vis du grand père que nous croisons. Le bruit de la circulation se fond dans la bande sonore, tout comme les discussions des habitants pressés dans leurs préoccupations de courses du samedi matin...

Nous sommes comme dans une troisième dimension, entre réalité, guidance et imaginaire. Tout galope autour de nous. Les noms des ruelles se suivent et nous dessinent un parcours de vie. Nous empruntons tout d'abord la rue de la bonté, puis nous suivons celle de la paix, pour retrouver celle des Ortolans, dont la chasse est interdite. Puis nous croisons celle de la jeunesse et nous glissons vers celle de l'avenir...

Nous sommes dans une aventure intérieure, rondement menée, sans se distraire un instant, moment intime tourné dans un centrage personnel et une poursuite furtive vers notre ou nos prédécesseurs, à qui nous sourions, amusés par notre soudaine perception partagée. L'interaction va de soi, sans équivoque.

Nous aurions pu suivre les consignes et monter sur le banc devant la mairie, mais nous n'avons pas osé. Se mettre en scène dans l'urbain est encore à travailler pour les amateurs que nous sommes. Nous avons besoin du temps de prendre confiance en soi ou de lâcher prise.

Après avoir humé cet air frais du milieu de la matinée, senti la douceur des premiers rayons du soleil, nous nous retrouvons à notre point de rdv, assis sur les gradins du théâtre de verdure. Il se réduit à un bloc de béton, mais qu'importe, pour nous c'est le lieu final.

Je repense alors aux bons moments passés dans ce lieu du temps du Théâtre de la Grande Ourse...

Des musiciens viennent nous rejoindre. Nous aurions pu être entrainés dans un bal effréné, mais nous sommes restés dans le dépôt de nos perceptions intérieures.

Maintenant, chaque habitant, chaque visiteur, peuvent se poster en face du petit sigle vert sur la place de l'église du village, et vivre ce parcours « Territoire en mouvements ».

Aujourd'hui nous avons besoin de nous ouvrir sur l'extérieur, et de mettre en dynamique notre créativité. L'espace urbain correspond à ce carrefour pour susciter des échanges et révéler l'esthétisme environnant. Nous avons envie d'aller plus loin dans nos désirs de vivre ensemble et de révéler des gestes artistiques, des réflexions, d'inventer des co constructions.

A votre écoute sensible et créative , le 12 novembre il y aura une nouvelle proposition à Murviel Les Montpellier, puis le 5 décembre à Sussargues. L'objectif est d'investir les différents villages de la Métropole et ainsi d'offrir une perception plus large à ses visiteurs.

Sylvie Lefrere

" Territoire en mouvements" à Villeneuve Les Maguelone, conçu par Patrice Barthès. 24 septembre 2016. http://www.territoire-en-mouvements.fr/

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 23:40
Un voyage lumineux

Il y a une dizaine d'années, quand je suis allée à Sortie Ouest pour la première fois, j'ai tout de suite pensé au fort d'Aubervilliers où Bartabas nous a offert ses premiers spectacles. Des espaces gigognes,les écuries, le coin restauration puis la salle de spectacle.

Le grand Bartabas est de retour avec son dernier spectacle. Après avoir fait le tour de différentes civilisations, il nous revient avec ses chevaux et ses premières amours.

Comment rester insensible à cet homme ? Il a un don. Celui de parler à l'oreille des chevaux. Les hommes sont tout petits à côté. Les grands chevaux évoluent quasiment seuls, maîtres de la piste circulaire. On a pu les voir dans des spectacles en totale liberté, se rouler de plaisir au sol entre une pluie centrale, dans le sable de la scène.

La musique n'est jamais bien loin, autre langage que celui de l'homme et de l'animal. Bartabas a commencé avec les sonorités des Balkans avant tout le monde, dans les années 80, il nous a fait rêver dans les musiques Asiatiques, méditer dans le son Soufi. Bartabas est un grand homme, Tantôt Centaure, tantôt dresseur de l'invisible, exigeant.

Aujourd'hui, il cherche à nous relier au ciel, aux anges, pour espérer encore atteindre notre destiné. Entre féérie et noirceur, quels anges serons nous ?

Pour ce dernier spectacle, l'homme revit. Son corps se dévoile dans la brume d'un train à vapeur. Nous quittons la modernité pour parcourir une histoire, la notre.

La voix de Tom Waits nous y invite et nous berce dans ce rêve éveillé. Nous oublions la chaleur environnante pendant ces deux heures de voyage, où nous allons suivre la succession de tableaux. Bartabas en est le grand orchestrateur. Son grand corps se déplie, se tord gracieusement. Il nous introduit au pays des valeurs humaines, où les croyances s'épanouissent librement. Les écuyers ont des têtes d'anges aux allures de Rockers aux cheveux blancs. Le temps a passé depuis les années 80 et la légèreté de cette époque s'est évaporée dans la traine de la fumée de cette locomotive sociétale. Je pense aux danseurs d'Alain Buffard, coiffés ainsi , dans « Tout va bien ». Je pense à « Kiss and Cry » de Jacquot Van Dormael et son train mécanique, petit jouet de notre enfance.

Ce soir, nous plongeons dans nos rêves d'enfants. Ceux de voltiger dans les airs aux côtés de Peter Pan, ceux de chevaucher de grands chevaux magnifiques avec la fougue des Cosaques, ceux d'être dans les aventures de Don Quichotte et de Sancho Panza.

L'esthétisme et l'humour dominent dans la grâce des chevaux et des hommes, dans la musique et les mimiques des clowns, dans la dérision d'un chant de dindons ou le vol retenu d'une oie. Nous sommes tout à la fois.

Ces anges nous escortent dans notre histoire d'aujourd'hui. Ils nous donnent une vision d'ouverture, de confiance, quoi qu'il arrive. Nos peurs prennent corps dans des grands personnages drapés sur des échasses, comme pour se distancier du réel et rester fantomatiques.

La mort rôde sous les traits de squelettes ailés, qui prient tous les saints que ce temps s'éloigne. Leurs corps osseux tintent dans un joyeux cliquetis, comme les aiguilles d'une horloge un peu folle. L'esprit d'ouverture se retrouve jusque dans la mort, dans un cimetière, où toutes les religions sont représentées, ensemble.

Le grand corps de Bartabas tangue jusqu'à l'ivresse. Celle qui nous grise et nous sauve dans les jours heureux ou complexes. Sa longue main caresse le col de chaque cheval. Une prise de soin nécessaire pour valoriser les longues heures passées à travailler pour nous offrir ce spectacle.

L'exigence de l'homme qui aimait les chevaux se trouve au cœur de ce geste. Une adresse vers celui qui donne et qui reçoit. La prise de soin dans les interactions. Le sens est là, sublime dans l'esthétisme de ces gestes artistiques si puissants.

Pendant deux heures, le temps s'est arrêté dans les mouvements circulaires des chevaux. Ces animaux nous ont ouvert une danse. Leurs corps ont chaloupé et nous ont fait valser, tanguer, vaciller...

Les gradins se sont dérobés sous nos pieds. Nous avons pris le train en marche. Nous sommes rentrés dans un processus de mutation, et nous sommes ressortis, du grand chapiteau noir , en anges blancs. Bartabas nous a élevé au dessus de nos doutes, de nos craintes. Il a redonné du sens à nos valeurs d'êtres humains.

A la fin du spectacle, le grand corps de l'ami qui m'accompagnait s'est plié dans un souffle, un sanglot. L'ange était passé et avait fait son travail. Plus rien ne serait comme avant.

Merci monsieur Bartabas, pour votre présence auprès de votre équipe. Merci Zingaro, ange noir qui a plané au dessus du troupeau de chevaux fougueux. Entre anges, démons, fantômes, nous abordons les choses nourris de toutes ces belles images.

Ce soir le ciel de Béziers a brillé d'un noir lumineux unique, qui n'était pas celui de Soulages, mais celui des anges que rien n'achève.

Sylvie Lefrere

" On achève bien les anges" Théâtre équestre Zingaro, mis en scène par Bartabas, à Sortie Ouest/ Printemps des Comédiens, à Béziers du 11 juin au 10 juillet 2016

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 00:06
Un espace intemporel

Il était une fois... un artiste, jongleur, circassien. Son travail s'accompagne de musique classique. Ses gestes suivent le rythme régulier et mélodieux, mais régulièrement se détournent. Il est dans le jeu en permanence. Dans l’indiscipline esthétique et précise comme du papier à musique mais avec la fougue du cheval fou. Son visage est radieux. C'est celui d'un homme éclairé par son sourire doux et généreux qui témoigne du plaisir qu'il se donne et nous donne en retour. Il est accompagné par Marie Fonte, jeune femme au port de tête d'une reine. Ils sont rois dans leur art, car maitres de leur ascension, de leurs créations, de la construction de leur point de suspension, en recherche d'équilibre à l'infini.
Yoann Bourgeois est un Artiste curieux. Il pénètre dans le cercle de la danse et travaille avec Maguy Marin pendant 5 ans. Il avait déjà été marqué par Alexandre Del Perugia, pédagogue, qui pendant sa formation a ouvert ses réflexions sur l'apesanteur. Yoann est devenu une figure majeure. C'est un homme humble, passionné, à l'écoute. Il vient d'endosser le rôle de co directeur de CCN de Grenoble. Avec Rachid Ouramdane. Une étape dans son processus de création, mais qui ne sera pas son aboutissement.
Ce soir dans la grande allée cavalière, nous avons assisté à une déambulation de quatre de ses travaux. En arrivant sur le site, Yoann s'est promené dans le parc et a défini cet espace. Il aime ce travail sur l'espace.
Il nous a accueilli avec « la fugue » qu'il joue avec ses 3 balles, avec une simplicité déconcertante. Un métronome marque le temps. Ses gestes sont gracieux et précis. Il bat la mesure de façon fluide, puis s'arrête comme pour fixer ce temps, éphémère, poétique. Il nous entraine dans ce désir de mouvements en toute liberté « La petite fugue ». Son signe pointé vers le ciel nous donne de la vision . Tous ses gestes sont des mots qui bout à bout construisent un langage qui métaphorise nos sentiments.

Nous avons ensuite été invités à descendre de quelques mètres pour nous asseoir autour d'une machinerie barbare dans lequel une belle jeune femme semble prisonnière. « La balance de la lévité » Est elle une statue de la Liberté mobile ? Une femme satellite qui prend le recul nécessaire sur notre monde qui rend fou ? Elle est une poupée Copélia, aux jambes tentaculaires, qui rêvent de faire des bonds de 7 lieux ; elle est femme reliée et entravée par ses poids. Elle cherche lentement à s'en dégager, mais ses efforts sont vains et les 400kg de métal auront raison d'elle. Sa course reste un sur place et après un élan, son corps se redresse dans un dernier souffle puis ploie. Elle a été pendant quelques minutes notre proue guidante sur les chemins capricieux de vie, entre courses et lâcher prise, entre rêve et réalité...


Troisième étape, une table et deux chaises pour prouver en quelques minutes que l'amour est un jeu d'enfants. Une femme et un homme se jouent de leurs postures. Celle de la tendresse, de la réflexion, du rejet, des retrouvailles, mais pour qui le jeu est le plus fort à travers le lien qui les relient quoi qu'il arrive ? Leurs corps bataillent entre désirs de rapprochements et fuites et tout fini dans le chaos. Tout reste à reconstruire...

La quatrième partie, sera un beau final. Cet escalier, on l'avait déjà aperçu dans le parc Meric, dans le cadre de la ZAT. Pour cette fin d'après midi, Yoann Bourgeois l'a faite évoluer en la travaillant une nouvelle fois la veille. Nous assistons à une création exclusive d'un artiste en perpétuelles recherches, en mouvement. Ils seront deux hommes à nous jouer cette perpétuelle ascension, ponctuée de chutes. On ne peut ne pas penser à tous ces travailleurs qui vivent ce jeu d'aller et retour, aux combattants de la loi El Khomri...

Pour finir, un petit comité de spectateurs sont invités à se prêter à un jeu de recherche d'équilibre. Après quelques consignes, Yoann nous a offert cette perception infime de l'état de suspension. Il nous a immergé dans le titre de ce spectacle « La tentative de recherches d'un point de suspension »
Face à une personne inconnue, comment se livrer en confiance, et une fois le point de légèreté absolu atteint, comment savourer et toucher cet instant de grâce, aller à la rencontre de l'autre et de soi, presque dans un état foetal. Une façon de prendre soin de nous et de nous offrir dans cette fin de journée un lâcher prise unique. Une véritable adresse au public.
Yoann Bourgeois est un artiste unique...

Sylvie Lefrere

" Tentative d'approches d'un point de suspension" au Printemps des Comédiens du 7 au 10.06.16

Un espace intemporel
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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 20:49
Créature à 4 têtes

Ce soir là au Sonambule, à Gignac, nous sommes entourés de quatre hommes, mi anges, mi démons.

Dominique Terrieu connu dans notre région depuis un peu plus d'une dizaine d'années, qui porte le prénom de la chanson de la bonne sœur qui dans les années 60 nous a fait sourire, et qui laisse également échapper son côté diabolique, catalan, à travers son nom de scène Dimoné !

Nicolas Jules, a aussi un prénom des années 60. Le petit Nicolas nous a suivi dans les dessins de Sempé, ou le petit garçon accroché dans un nuage avec Pimprenelle. Dans les deux cas, le charme et l'espièglerie sont présents.

Réunis dans un nouveau groupe « Bancal Cheri » avec Imbert Imbert, poète à la voix enfantine accroché à sa contrebasse comme sur sa punkette préférée. Roland Bourbon, percussionniste créatif débordant de sensualité baroque. Vieux compagnons de route déjà remarqués dans un hommage à Bobi Lapointe à la fête de la musique, il y a quelques années au domaine d'O.

Nicolas Jules est apparu récemment aux côtés de Dominique lors de sa soirée de présentation de son dernier album au Rock Store. » Bien hommé, mal femmé »

Tous les deux, sont musiciens mais aussi acteurs. Dominique aime prendre des risques dans des mises en scène : La ligne Bleue où il se fait tatouer :au festival de L'Aigoual, au théâtre de la Chapelle, à la Zat. On le retrouve au côté de projet théatral avec Julien Bouffier dans « Iroshima mon amour ».

Dominique se prête à l'Escargolade à Pezenas avec des membres de sa famille, où devant des grands plats bouillonnants, il mèle chansons et performances entouré d'amis.

Nicolas a aussi un parcours de comédien dans une compagnie Théatrale.

Ce sont des hommes qui cheminent et affirment un succès certains dans la région et au delà. Ils obtiennent des prix ( Charles Cros tous les deux ( Nicolas prix coups de cœur en 2004 et prix Felix Leclerc aux Francofolies de Montréal. Dominique, grand prix révélation scène Charles Cros en 2012 et pour son album « Bien hommé mal femmé » en 2015, il est primé au Quebec aussi dans le festival international de Granby.)

Dimoné a ses fidèles dont je fais partie. D'où cela peut venir me direr vous ? Je ne suis pas fan si facilement. La présence de Dominique sur scène a une vraie valeur, car il n'y a pas de routine. A chaque fois, il nous emmène dans ses champs imaginaires et ouvrent des métaphores. Ces concerts sont de vrais moments de plaisirs interactifs d'un artiste qui est vivant dans son art de donner au public. Il ne joue pas chaque soir la même chose, il nous offre son univers unique d'un soir. Nous nous retrouvons sur une place de village, dans le temple du Rock, dans une salle de théâtre, dans un site naturel, comme les cheminées de fées du cirque de Mourèze. Nous circulons comme des spectateurs nomades à chaque fois.

Nous le gardons ensuite dans nos mémoires, comme dans un écrin et mis bout à bout, nous stockons un petit bijou qui nous poursuit.

Peu d'artiste nous laisse cette empreinte. Pour certains il y aura eu Léo Férré, Barbara, Bashung.

En ce qui me concerne, Dimoné, est l'artiste qui accompagne ma petite musique intérieure depuis que je suis arrivée à Montpellier, en 2003. Il aura ponctué également chaque Zat, et donné un pulse ( et un plus) à chaque quartier.

Je me souviens de ses paroles presque chaque jour, comme un poème qui accompagne les émotions quotidiennes dans « soinons nos rêves » ou « Les narcisses ».

Il a quitté son petit col polo bien fermé pour nous ouvrir son poitrail velu, qui nous touche autant qu'un ourson en Mohair. Oui Dimoné, c'est comme un souvenir d'enfance. C'est notre ours en peluche de l'age de la maturité. Attention pas un objet transitionnel, juste une petite présence bienveillante qui accompagne nos jours et nos nuits, nos réalités et nos rêves.

Bancal Chéri, nous a donc présenté ses premiers accords. Ces quatre acolytes nous ont communiqué leur complicité musicale. Ils jouent, très respectueux de l'image de chacun, tour à tour. Leurs sons Rocks montent petit à petit pour nous envahir de plaisir. Les mots se glissent entre leurs notes et tricotent un maillage qui réchauffe le public de la salle. Quelques courageux spectateurs de Montpellier, ont bravé le vent glacial et sont venus étoffer cette salle de spectacle, qui gagne à être connue, à Gignac. Public amateur et curieux de suivre les artistes qui prennent les rennes de la création collective pour mieux nous surprendre! L'heure est passée trop vite. On attend avec impatience la suite.

Sylvie Lefrere

Bancal Chéri en concert au Sonambule à Gignac ( 34)

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 14:30
OH, madeleine!...

La semaine du projet Magdalena, dédiée à la création féminine internationale, s'est installée à Montpellier en ce mois de septembre 2015. Ce projet ravive un peu le goût de la madeleine que nous gardons en nous.

Ma programmation s'est entamée par le cri silencieux de Maguelone Vidal, une femme musicienne mise en scène par une autre femme, Eva Vallejo. Une et une, égal trois, car la musique en est la finalité. Elle a exploré les contours de la cochlée. Un pavillon auditif qui s'ouvre vers les explorations de ses circonvolutions internes. Le grand corps de Maguelone s'est déplié à travers les notes de musique de son saxophone. Le son créé a guidé nos pas, nos sens, nos rêves. Il s'est saturé et s'est mis en jeu en tournant joyeusement sur des platines, nous portant vers les tourbillons de la vie.

Ensuite, nous allons un peu plus loin dans l'intime grâce à " Sous ma peau" de Maxence Rey. Trois corps féminins y sont mis à nu. Ces femmes déroulent leur plis tout le long de leur squelette. La lumière se répand de telle façon qu'elles sont magnifiées ou grossies dans leurs défauts. On y lit les marques du temps, du poids des soucis, des traces de coups. Au dessus de leurs épaules, sur le socle de leur cou est posé une tête sans visage. elle est voilé de blanc, masquant leurs expressions élastiques de vie. Elles sont dépourvues de sens: Sans vision, sans odorat, sans parole, sans ouie. Elles portent et subissent. leurs cheveux sont de coupes identiques. Elles sont formatées, silencieuses, avec pour seul langage, leur corps.

Dans le cadre de la société d'aujourd'hui, la femme restent dans une case limitée et bien bordée. En France avec des salaires, des postes, des fonctions, encore reconnus de façon moindre que les hommes. Elles sont encore trop souvent victimes d'agressions et de violences presque banalisées. Le langage et les gestes qui leurs sont adressés peuvent être sournoisement irrespectueux.

Dans le domaine artistique, les femmes restent minoritaires, et celles qui percent se font souvent un grand nom. Le travail acharné et la lutte contre les dogmes pour se faire une place, leurs offrent un niveau de qualité méritée. Dans le monde de la danse, Pina Bausch, Maguy Marin, Mathilde Monnier, Bouchra Ouizguen.etc... Dans leurs expressions, la place du corps féminin est central. Elles entaillent des sillons dans nos cerveaux de spectatrices.

Les nuages de Tchernobyl et d'Iroshima ont plané ensemble la même soirée dans le ciel du théâtre de la Vignette à travers le Teatr Trily Halopa et Keiin Yoshimira.

Le témoignage du passé de ces deux pays, l'Ukraine et le Japon, les a rapproché dans leur vécu d'évènements similaires. Ces deux peuples sont aussi connus pour leurs traditions et leurs beautés artistiques exigeantes. Le public présent a exprimé ses souvenirs du jour de l'accident nucléaire russe, mais personne n'a fait le lien sur les retombées de cette catastrophe sur le plan politique. Le public présent, composé à 90% de professionnels, est resté replié sur son égo. La création artistique a besoin d'aller plus loin dans une réflexion approfondie pour donner de la vision à tous les spectateurs.

Les journées professionnelles ont peut être fait émerger des discussions, mais le spectateur est resté en marge et ne le saura pas. Pourtant Il est acteur, récepteur vivant des émotions artistiques. Il est nommé « amateur » quand il est associé à un spectacle. Il peut être aussi partenaire, ressource, expert, à force de se forger son regard dans les salles de spectacle. Le clivage est là, tout autour de nous. Il y a un processus de travail à engager pour faire valoir la création de façon pluridisciplinaire.

Sylvie Lefrere

Magdalena Montpellier France 2015 du 21 au 26.09


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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 18:41
Temps de Gestation

L'actualité de ces dernières semaines a ravivé des réactions mais aussi des débats et des questionnements.

J'ai un ami qui s'appelle Charlie, et le fait de prononcer son prénom n'est plus aussi anodin qu'auparavant. Il porte l'image d'une autre identité.

Dans les années 60, nous étions des milliers de bébés prénommés Sylvie, Françoise, Johnny, Eddy.. Nous véhiculions le reflet des vedettes Yéyés qui plaisaient tant à nos parents.

L’insouciance pour contrer la descendance de nos grands parents, qui nous baptisaient précédemment en souvenir des ancêtres disparus. La joie de vivre faisait front au passé mortifère.

Le choix du prénom à la naissance transmet notre histoire familiale, parfois légère, ou plus chargée. Notre vie va se façonner, qu'on le veuille ou non, à travers, nos origines.

Du nourrisson qui a la fossette de tonton Jo ou les yeux de son arrière grand mère Guadeloupéenne, nous sommes définis suivant des critères physiques. En grandissant, les traits s'affirment : « Le portrait craché du mauvais caractère de son père ! »...

L’adolescence nous révèle notre for intérieur, timide ou rebelle. Nos cheveux s'allongent ou se dressent, jusqu'à se raser pour certains. Les courants définissent les modes des groupes dont nous faisons partie : Punk, fifties, métalleux, et maintenant hupsters ou rappeurs.

Et ensuite, quels adultes sommes nous ? Entre mémoire familiale, expériences de jeunesse et contexte social ?

Dignes successeurs des années 68, certains gardent une âme d'engagement et de réactivité. D'autres peuvent s'endormir dans un confort de sommeil intellectuel ou de conformisme.

Les soirées de discussions s'amenuisent au profit de soirées copieusement arrosées, qui finissent dans les rires gras et les éructations. Chacun se détend comme il veut, ou comme il peut.

Nous devenons une architecture solide avec un socle savamment construit, ou une maison posée sur des sables mouvants qui subissent de nombreuses intempéries.

Tu es responsable ! vous êtes responsables...nous sommes responsables ? Ce n'est pas un vain mot la responsabilité, mais la conscientiser est une affaire de largeur d'épaules, sans épaulette.

Qui es tu ? Je suis moi, égoïstement. Qui êtes vous ? Je suis, donc nous sommes. Mais « Qui sommes je » ? Ludor Citric, clown, qui a créé ce spectacle, nous a ouvert une vision artistique puissante. Du bébé que nous étions, que sommes nous devenus ? être qui se plie à l'autorité, être carnassier qui sort les crocs à la moindre incartade, être en quête de liberté ? Mais à quel prix ?

Les médias, les politiques, ne nous questionnent plus et surtout ne nous donnent pas de vision.

Pour être, à nous de nous saisir nos forces vives. Soyons, « soignons », un, et ensemble. Ne nous lassons pas. Ne nous plaignons pas.

La force citoyenne de terrain peut redonner du sens à notre société. Il ne s'agit pas d'afficher un panneau et de le reposer ensuite. Comme une pâte à pétrir et à faire lever, nous avons un vrai travail de réflexions individuelles et collectives à mener. Un travail de fourmi titanesque, mais indispensable pour notre avenir. De ces procédures, injectons du processus, donnons du temps et de la confiance aux acteurs que nous sommes. Ne laissons personne nous désigner, nous manipuler, nous diriger, nous réduire. Que les diversités de couleurs nous enrichissent dans le respect commun des valeurs de chacun.

Ne nous laissons pas appauvrir. Lassons nous de ce contexte de représentations et de réseaux de copinages, qui rend exsangues nos systèmes.

Ne nous laissons pas dans l'attente du grand Pater qui va nous donner toutes les solutions.

Il n'y a que des questions inlassables, sans réponse unique. Il y a profusion de trajectoires à puiser, à user, à expérimenter, à investir. Nous oublions que nous sommes les chercheurs bâtisseurs de notre siècle. Ne nous lassons pas...

Je suis, vous êtes, nous sommes, aujourd'hui, tous artisans à oeuvrer pour une nouvelle démocratie.

Cet écrit date du premier janvier 2015. 9 mois après, le temps de gestation. Nous sommes observateur de naissances insoupconnées, mais bien là. Aujourd'hui, où en sommes nous?...La parole de Charlie s'est éteinte et le journal se lit encore trop peu. Tous les regards sont tournés vers les migrants, et les actions menées autour, mais après...Quelle conscience collective se construit? Une vague qui peut effrayer, une tempête dévastatrice ou un lac apaisé? Ce soir la fatigue et le découragement l'emportent. On verra bien demain...

Sylvie Lefrere

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 17:36
l'été, ça s'en va et ça revient...

Les étés se suivent et ne se ressemblent pas. Nous avons vécu des moments intenses comme cette nuit unique des étoiles filantes, le 12 aout. Nous n'en revivrons pas de pareille de notre vivant. Le ciel a brillé ardemment, et la voie lactée nous a servi de plafond pour nos rêves. Mais redescendons un peu sur terre. " C'est la guerre autour de nous, mon amour..." nous souffle Dimoné dans sa chanson les Narcisses. Nous passons de sieste dans le hamac au bain de soleil au bord de l'eau, reclus du monde, aveuglés par notre petit bout de territoire. Qu'Il est bon de tout oublier...

Dans cet été de tous les dangers, les festivals ont battu leur plein.

Au mois de juillet, le théâtre a envahi les rues d' Avignon. On peut tirer un coup de chapeau à quelques compagnies dans le Off qui se sont frottées avec grâce et humour à des sujets de fond sur les complexités sociales et humaines. J'y ai retrouvé quelques jours mes complices du blog du Tadorne et nous avons retrouvé le plaisir d'écrire ensemble.

L'art dans la rue à Châlon a mis en mouvement des créations dans l'espace urbain. Et oui, l'art n'est pas encore figé!

La musique à Montpellier a eu sa place tout le mois dans le festival Radio France. Nous avons pu découvrir pour certains, retrouver pour d'autres, la joie ludique créative de Philippe Lafeuille, chorégraphe, associé à Dino et Shirley. Ils ont offert à l'opéra un décor animé et chatoyant, où les menuets des danseurs, les choeurs et la vivacité des musiciens ont joué une version jubilatoire de Don Quichotte. Les grands éventails colorés ont chassé nos idées noires et ventilé nos esprits dans cette canicule. Notre visage a été malaxé par le plaisir de sourire et de rire largement.

Le Jazz a éclairé la mer à Sète et les Carrières de pierres à Junas. La trompette d'Eric Truffaz s'est mêlée aux instruments de complices venus des pays scandinaves. Ils nous rappellent le plaisir partagé entre passionnés, venant de l'international. Le concert a été unique grâce à cette rencontre enrichie du mélange de tous ces créateurs. Dans cette France qui se referme sur elle même, ce fut un moment précieux, une respiration.

Les rencontres photographiques d'Arles nous ont donné des lucarnes ou des trompes l'oeil sur ce monde qui tourne autour de nous, pas toujours trés rond. Les pays de niches fiscales sont caricaturés dans leur luxe surfait, les Indiens du fin fond de l'Argentine dans les années 20 figés dans leur dernier combat. Leur imaginaire et leur univers créatif sont tués par la rafle économique déjà puissante. On peut en parallèle réfléchir à la création aujourd'hui malmenée de la même façon.

les ouvriers Américains, à la même époque, sont saisis dans leurs traits fatigués par Walker Evans. Il rend esthétique ses visages d'hommes de labeur qui ont tant oeuvré pour rendre" l'honneur" au travail de leur pays. Les Etats unis regardent si peu ce peuple, lui préférant les éclats retentissants de la société de consommation....

Au mois d' août, pour échapper au tumulte du bord de mer, l'arrière pays a ouvert son lot de festivals moins médiatiques, mais qui pourtant nous ont apporté des bouffées d'oxygène. Dans le cirque de Mourèze, après les hommes préhistoriques et les bergers, les sons de Dimoné ont résonné, au milieu de ce site naturel de rochers Dolomitiques. Nous étions des lucioles joyeuses qui ont dansé jusqu'à tard dans la nuit, comme pour exulter les mauvaises ondes.

Le village Villeneuvette, ancienne manufacture royale, a abrité pendant trois jours des artistes. Marc Prépus, individu singulier, a joué de ses multiples instruments insolites posés dans son Big Caddy, jouets et objets ménagers sonores mêlés à ses combinaisons d'ordinateur. Son côté loufoque a planté un sujet osé, le genre. Petits et grands n'en croyaient pas leurs oreilles. Mais c'était dit: "Barbie a le droit de choisir son sexe". Dans cette société où le mariage pour tous a fait tant de réactions, c'est une façon de transmettre une ouverture d'esprit aux enfants avant qu'ils soient influencés par les médias. Marcus Prépus a su également créer une polyphonie des expressions de jouissance de chaque spectateur. Sans vulgarité, le public s'est prêté au jeu. Affirmer son plaisir et le mettre en harmonie est une idée originale qui peut nous faire réfléchir. Autour de nous subsiste la représentation et les plaintes. Dans cette interaction, petits et grands étaient incroyablement réunis, en lien.

La compagnie Volpinex, dans le jardin des rames, nous a largement ouvert le monde de l'oenologie dans les" Casiers de la reine", satire de l'histoire de Louis XIII. Nous avons largement rit autour de ce théâtre d'objets entre mignonnettes et décors amovibles. La France n'est plus définie par son histoire royale mais par celui des plaisirs de la bouche, affirmés dans la région, et dans une façon d'entrevoir les manipulations politiques d'hier et d'aujourd'hui.

Nous avons continué notre chemin, et nous nous sommes laissés inviter à un voyage écologique dans les profondeurs marines. Les enfants et les adultes ont pénétré dans un bus transformé en salle de spectacle. Il a l'architecture d'une péniche avec une échelle pour monter sur le toit. Y domine une caravane, trappe pour les effets spéciaux du créatif Nicolas Durand qui tomberont dans le décor. Pour finaliser, une petite terrasse pour la détente de l'équipe artistique.

A l'intérieur de drôles de marionnettes nous attendent, accompagnées par les notes en direct du clavier de Florent Maton. Une petite fille rousse, aventurière, va rencontrer par hasard une tribu aquatique déjantée, mais engagée sur le plan environnemental. Elle va se retrouver happée dans des questionnements sur les déchets liés à l'homme qui polluent les mers. Elle rêve avec Alfred, le crabe du pays du plastique, mais Frakas, pieuvre diva, saura la convaincre autrement en bousculant sa conscience.

Cette pièce donne un discours original aux enfants, car elle leur parle de l'état et de l'avenir du monde dans lequel ils vont grandir. La singularité de cette création est notamment la qualité des décors. Des méduses en plastiques transparentes, une pieuvre de papier scintillant, un poisson articulé. Nous sommes trés vite immergés dans leur univers et oublions que nous sommes en voyage dans un bus, symbole du transport collectif urbain. Nous sommes un collectif de spectateurs de tous les âges, assis sur des bancs gigognes comme les gradins d'un cirque. Nous sommes invités à nous mettre en mouvement pour soutenir la protection du milieu marin. Un échantillon de citoyens responsables, conscients, réfléchis, acteurs, joyeux et vifs, pour faire en sorte que le monde change et ne se retrouve pas envahi par tous ces détritus, cette surconsommation, cet individualisme stérile et j'en passe...

Tout à coup les passagers de ce bus rient et s'engagent subrepticement dans une cause commune, celle de la clairvoyance, du désir de construire en responsabilité collective. L'homme devient nuisible jusque dans l'eau, notre élément vital, une réaction s'impose. La planète se réchauffe, les icebergs fondent et perturbent notre équilibre climatique, les eaux montent au risque de submerger des iles et des villes, plus de poissons comestibles dans 50 ans...Et que faisons nous? Et si on commençait à nettoyer nos mauvaises habitudes?

Les images médiatiques inondent les enfants, il est grand temps d'ouvrir leur regard vers d'autres valeurs, sur nos rivages en triant nos déchets, en respectant l'environnement. C'est une métaphore des actions à mener. Commencer par faire le ménage autour, et aller vers le coeur du sujet. Le réveil d'une conscience collective prendra trop de temps si les politiques s'en saisissent, ces dernières années les campagnes électorales sont muettes sur ce sujet, laissant l'ombre de la sécurité primer. Les générations à venir ont besoin d'avoir des transmissions qui donnent du sens à leur contexte de vie. L'art est le vecteur idéal pour mettre en lumière les questionnements sur notre actualité. L'enfant et son parent sont ainsi touchés ensemble en plein coeur.

Demain, les médias inonderont nos yeux, nos oreilles, du phénomène de la rentrée. Mais nous savons, grâce à tout ce que pendant ces vacances nous avons vu, écouté, ressenti, que le calendrier tourne toujours inexorablement de la même façon. Notre imaginaire, notre pensée, nos mains ont toujours à faire, et ce, dés maintenant, sans fatalisme, mais avec intelligence et volonté pour donner du sens à notre quotidien.

Bientôt les théâtres vont nous ouvrir leurs programmations. Nous verrons si nous serons face à des choses plaisantes qui ne laissent pas de trace ou si nous serons bouleversés par de vrais processus de création. Nous aurons des moments de vide, de plein, de merveilleux et de plus faible, mais nous découvrirons ce que notre curiosité nous aura guidé.

Sylvie Lefrere

Eté 2015:

http://www.sciencesetavenir.fr/espace/20150804.OBS3648/nuit-des-etoiles-la-cuvee-2015-s-annonce-exceptionnelle.html

http://www.avignonleoff.com/

http://www.festivalier.net/

http://www.chalondanslarue.com/

http://www.festivalradiofrancemontpellier.com/Documents/Dossier-presse-Festival-2015.pdf

http://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-montpellier-le-17-juillet-2015-boismortier-don-quichotte-chez-la-duchesse-le-concert-spirituel-herve-niquet/

http://jazzasete.com/programmation-2015/

http://jazzajunas.fr/festival.php?page=59

https://www.rencontres-arles.com/Home

http://festivaldemoureze.org/

http://festival-villeneuvette.fr/

http://www.volpinex.com/styled/styled-4/index.html

http://www.cie-babylone.com/images/frakas/dossier_artistique_cie_babylone_frakas.pdf

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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 17:30
La vie haute en couleurs

En quelques semaines Avignon devient le plateau international des spectacles. La ville attire non seulement un large public qui se déplace venant de tous les horizons, mais aussi des petites compagnies étrangères, hautes en couleurs. Il y a deux ans c'était la nouvelle Calédonie qui nous avait ému. Cette année les larmes ont été remplacées par les rires grâce, tout d'abord, aux Argentins de « Un poyo Rojo ». Deux garçons, dans la pleine fleur de l'âge, jouant les combats de coqs, les luttes et les liens amoureux dans une expression de corps ludique. Prouesse physique, légèreté, grâce, sont au cœur du propos. Ils nous donnent une leçon en dépassant les impossibles. Ils croisent et maillent leurs corps pour être en symbiose, puis ils se séparent pour mettre en valeur leur propre potentiel individuel. L'un est plus athlétique et l'autre plus séducteur. Leur complémentarité s'emboite entre leurs doigts, prolongés par leurs bras et ainsi jusqu'au bout de leur orteils. Ils sont poulpes. Tantôt combattants, frères, ou amants, la force et les sourires sont leur énergie. Les ondes de la radio en direct rattrapent le fil de l'actualité, entre informations, confidences et musiques. Nous baignons dans la communication et ils nous ramènent à la joie de vivre quoi qu'il arrive : Jouons, aimons, dansons !

Dans « Popul'hair », une compagnie Guadeloupéenne joue d'une autre façon. Le son et le corps sont là, au milieu des ombres et de la lumière. Comme les nus de Lucien Clergue, dans le soleil filtré de l'été, c'est un réveil derrière des petites fenêtres sur le corps sociétal de la jeunesse. Les danseurs, aux corps d'adolescents, ont envie de s'affirmer, petit bout de peau par petit bout de peau. Ils refusent d'être en lambeaux et dénudent ce territoire à explorer. Ils avancent pas à pas vers leur construction identitaire. Leurs têtes se couvrent pour cacher leurs chevelures. Ils portent le poids du regard des anciens, lourd et jugeant devant cette soif d'expression. Mais ils « s'en peignent »vivement, ils « s'en coiffent « en douceur muette. Leurs désirs ne peuvent s'exposer au grand jour, alors ils choisissent de dévoiler leurs dessous. Leurs mots intimes prennent le dessus, épris de liberté. Ils deviennent corps étendards, à l'origine de l'homme.

Des continents aux iles, ils circulent pour continuer d'avancer, malgré les éléments naturels, contre vents et marées. Ils sont les embarcations de leur avenir décoiffé.

Sylvie Lefrere

« Un poyo Rojo » mis en scène par Hermes Gaido ( Argentine) du 4 au 26.07.15 au théâtre du Roi René à Avignon. http://www.quartierlibre.fr/artistes/un-poyo-rojo

« Popul' hair » Compagnie Myriam Soulanges, du 4 au 26.07.15 à La Chapelle du verbe incarné à Avignon. http://www.ciemyriamsoulanges.com/#!populhair/ccvf

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 16:00
Madame rêve

Et si Avignon m’était conté ? Je n’y suis pas cette année…mais…

Madame rêve… De merveilleux…d’énergie qui entrainerait tout sur son passage pour que nos sens soient excités au plus haut point.

Madame rêve…Dans un premier cycle du sommeil, celle de la phase d’endormissement où ma conscience reste en veille, je rencontrerais Phia Menard et sa dernière création «Belle d’hier». Une pièce où d’un bloc, sorte de lingot Factory de Warhol, recouvert de matière brillante, émerge un laboratoire glacial. On y extrait des fantômes pétrifiés, comme dans la légende où des moines avaient été transformés en pierre pour avoir osé regarder des femmes.

Ces christs encapuchonnés se délitent tout comme les valeurs religieuses de nos jours. Les dogmes s’écroulent et la révolte gronde. Un grand nettoyage s’opère, pour laver toute cette saleté qui nous envahit. Cela nécessite des efforts. Les tissus sont foulés aussi énergiquement que les raisins lors des vendanges. Nous avons à extraire un nouveau jus, plus vif, plus savoureux, sans rester derrière un rideau qui occulte la réalité. La volonté engagée pousse jusqu’à la folie, car tout renouveau fait basculer dans l’inconnu. Un bruit assourdissant nous envahit et vient à bout de ma fatigue.

Madame rêve…J’entame une sieste plus profonde dans cet été torride. J’entre dans un sommeil réparateur. Avignon, ville de festival international, pourrait nous entrainer vers la création belge. « En avant marche ! » d’Alain Platel et de Frank Van Laecke m’accueille.

Un ange noir y déploie ses ailes cymbales. Les vibrations cinglantes sortent de ces disques dorés. De cet éclat exulte ses maux. Ses cordes vocales sont anesthésiées d’avoir trop longtemps usé ses mots d’amour, et de luttes. La maladie a tétanisé son organe, son souffle lui manque, son trombone, porte voix est au repos, réduit au silence.

Il s’économise en nous délivrant ses langues multiples. Il a le timbre d’ un parrain, patriarche qui détient le pouvoir, le savoir, mais il n’est pas celui qui écrase son entourage. Il est libre et aimant. Son corps est à l’image du poids de ses émotions, de ses expériences vécues. De façon régulière, il a besoin de se ressourcer en s’allongeant pour puiser une part de rêve dans un sommeil de bébé, où il serre contre lui son instrument objet transitionnel, « Ours à vent ou à percussion » suivant ses humeurs.

Il soulève son corps massif et évolue joyeusement autour des autres musiciens. Artistes, facteur, fleuriste et ingénieur se retrouvent tous à la même enseigne. La puissance d’un collectif pluriel. Les femmes sont des majorettes, au corps débordant de séduction et de dextérité. L’une boit les paroles de celui qu’elle aime, l’autre plus volage, préfère être l’objet du désir d’un des jeunes acrobates. On s’aime profondément, ou pour le plaisir. Il a besoin de lâcher prise. Pour cela son corps s’accorde à celui d’un jeune athlète aux accents slaves. Leur danse est celle de l’Europe, entre Français, Flamands, Wallons, Anglais. Tous ils se croisent, entrelacées de phrases cultes de chansons » Putain, putain, nous sommes tous des Européens ». Cette fanfare à l’élégance surannée dans ses martingales, habits de représentation, est gainée comme des soldats de plomb.

Ils apparaissent et disparaissent dans le décor. Nous sommes bien loin de la Cour du Palais des Papes, et pourtant un sentiment de déjà vu. Un vaisseau de rouille à l’oeil nu, qui quand on se rapproche, est un tulle tendu de couleur rousse. Ce qui nous apparaît comme imposant et usé n’est finalement qu’une fine matière transparente. D’où la nécessité de prendre le temps de regarder et de découvrir, et de ne pas se laisser aveugler et impressionner.

Nous sommes accueillis par un roi qui relie toutes ces femmes libres dans le

ur corps, et ses hommes dans tous leurs états artistiques. Leurs rythmes, leurs chants, leurs langues sont universels et nous accompagnent dans cette énergie collective jusqu’à la fin. Des sursauts nous font tressaillir et révèlent l’esthétique de l’homme où qu’il soit.

Madame rêve…Je continue ma nuit Avignonnaise dans un sommeil paradoxal, agité, celui des rêves…

Maguy Marin nous y attend. Avec « BIT« , elle nous entraine dans une farandole, digne de celle de Zorba le Grec. Petite espagnole, elle part de ses origines pour nous interpeller. Elle cherche à mettre en jeu le lien populaire, celui dont nous sommes tous pétris. Mais des pentes nous cernent. Perspectives ou descentes ? Les ascensions sont difficiles, les descentes ludiques. Après l’allégresse, elle met une ombre au tableau. Méfiance…Tout peut si vite basculer dans l’horreur. Le monstrueux apparaît. Celui qu’on ne soupsconnait pas quelques minutes auparavant.

La parité est représentée, mais la gente féminine se fait encore « niquer ». Faibles femmes impuissantes, elles réduiront pourtant leurs agresseurs en vulgaires cloportes qui jouent aux combats de coqs.

Un déferlement de souffrances se répend. La religion se couvre aussi de capuchons pour voiler ses exactions. Ils sont sans visage, tantôt bourreaux, tantôt observateurs voyeurs.

Mais la vie continue avec ses hauts et ses bas. Les fils se déroulent des quenouilles, se tendent, sans jamais se rompre. La musique nous percute jusqu’à soulever nos diaphragmes en rythme. Nous retrouvons la sensation de respirer dans un second souffle. Notre corps prend le pouvoir sans le savoir, en « Bit ».

Le « Py »(re) est passé, et on peut retrouver à nouveau la joie de vivre, en cherchant encore et toujours à se relier et à créer des moments de grâce. Pour cela les prises de risque sont nécessaires. Osons sauter dans le vide ! Et après ?…Le réveil sonne.

Nous sommes à Avignon. Ce n’était qu’un rêve. Pas de Platel, pas de Phia, Pas de Maguy…

Kristian Lupa a ouvert la danse sur le pont d’Avignon, alors tentons de continuer d’avancer dans ce festival tout en sachant qu’au bout le pont est coupé et que la fête va bientôt finir.

Sylvie Lefrère – Tadorne

" Belle d'hier" mis en scène par Phia Menard. du 26 au 27.06.15 au festival de Montpellier Danse

" En avant marche" mis en scène par Alain Platel et Franck Van Laecke du 22 au 23.06.15 au Printemps des Comédiens à Montpellier.

" Bit" mis en scène par Maguy Marin, du 7 au 8.07.15 au festival de Montpellier danse.

 
 
 
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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 07:30
migration estivale

Pendant ce mois de juillet, j'ai migré sur les terres du blog du Tadorne pour y retrouver le plaisir d'écrire avec mes amis Pascal Bely et Sylvain Saint Pierre. L'été est un temps d'évasion et de rencontres, de nouveaux horizons. Je vous souhaite de bons moments de détente et on se retrouve bientôt sur le souffle de Ventdart.

Sylvie Lefrere

blog du Tadorne: festivalier.net

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